il y a quelques temps j'avais évoqué mais juste évoqué la légende de sainte Ulphe, thème de la carte de voeux de 2008

( là ici ). A la demande générale voici l'histoire de cette oeuvre.

En 2004, est organisée une exposition qui prend pour thème la cathédrale et les couleurs du monde, la ville commande donc la réalisation de dessins par divers auteurs de bande dessinée pour le festival on a marché sur la bulle. Et c'est en se baladant dans la cathédrale que Juanjo GUARDINO est arrêté par un tableau sur un mur, qu'on ne voit pas très bien il est séduit par la légende de saint Ulphe qu'il raconte. Mais il va lui donner un sacré coup de jeune.

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Ulphe, fille d'un riche seigneur du Vermandois, élevée dans la foi chrétienne, a décidé de consacrer sa vie au Christ. Or, si sa piété est grande, sa beauté ne l'est pas moins. De ce fait, chaque jour, elle est pressée par de nombreux prétendants. Elle ne sait que faire pour les repousser. Un temps, elle simule la folie, négligeant sa tenue, mais la fortune de son père reste un attrait suffisant pour les importuns.

Au désespoir, elle s'enfuit ; pendant des jours elle marche, traversant plaines et forêts, mendiant sa nourriture. Elle arrive à la nuit tombante, exténuée, au bord d'un vaste marécage difficile à franchir (là où l'Avre se jette dans la Noye) à quelques kilomètres d'Amiens. Elle découvre au bord d'un étang, un petit pré où coule une fontaine ; elle s'y désaltère puis, écrasée de fatigue, s'endort. Dans son sommeil, la Vierge lui apparaît auréolée de lumière et lui dit : "Avant d'être avec le Christ pour l'éternité, c'est ici qu'il te faut demeurer pour sanctifier tes jours".

A l'aube, quand elle se réveille, la journée s'annonce chaude, la brume s'élève au dessus des étangs, des bruits furtifs montent des roseaux. Ces lieux solitaires l'inquiètent, se souvenant de son rêve, elle prie la Vierge de lui venir en aide.

Elle ignore qu'un brave et vieil ermite, Domice, qui vit dans une cabane non loin de là, chemine à sa rencontre ; lui aussi a eu un songe : un ange lui a ordonné de prendre soin d'Ulphe.

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Il la rencontre, et grâce à lui, Ulphe a bientôt un abri dans les roseaux. Quelque temps plus tard, Ulphe prend le voile. Au matin de chaque jour, Domice vient la chercher et ensemble, ils se rendent à Amiens pour y entendre la messe puis rentrent, s'abandonnant chacun de leur côté à la prière et à la méditation.

Un été, la chaleur est si lourde et les grenouilles coassent si fort dans les marais qu'Ulphe ne peut s'endormir que fort tard dans la nuit. A l'aube, Domice frappe à sa porte et ne reçoit point de réponse. L'ermite se dit que la jeune fille avait dû se mettre en route avant que ne monte la chaleur du jour. Mais, arrivé à la cathédrale, il ne la voit pas ; il n'écoute l'office que d'une oreille distraite, craignant qu'un malheur ne soit arrivé ; aussi, c'est en pressant le pas qu'il regagne les marais. A l'approche de l'ermitage, il voit Ulphe agenouillée au bord de l'étang ; elle prie. Soudain, sa voix s'élève dominant le tumulte des grenouilles : "Méchantes bêtes, à cause de vous, je n'ai pu me rendre aux matines ; aussi, je vous condamne au silence. Que désormais cet étang ne soit jamais plus troublé par vos cris". Les coassements cessèrent à l'instant et ne reprirent plus ; à tel point, qu'aujourd'hui encore, dans la vallée du Paraclet, les batraciens qui s'y trouvent ne se font jamais plus entendre. Transportés dans d'autres lieux, ils retrouvent leur voix.

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